Tronche de zèbre

 en Haut potentiel, Livre de la quinzaine

Thibodeau, Vincent (2016). Tronche de zèbre. Jean-Claude Lattès, 200 p.

Commentaire de l’éditeur :

« Quand ma mère a découvert que j’étais zèbre, elle a pleuré »… de joie peut-être et de crainte aussi car elle savait ce que représentait la vie d’un enfant à « haut potentiel intellectuel » (HPI). Vincent est aujourd’hui un pré-adolescent, heureux, joyeux, plein d’humour et surtout épanoui. Mais à l’âge de huit ans, il s’est senti  inutile. Trop de pression, trop de mal être, trop de maltraitance à l’école, accompagné d’une perte lente, lourde et sourde de son estime de lui. Il se sentait submergé. Dans ce livre, il raconte avec ses mots, sa sensibilité exacerbée, son hyperémotivité, son parcours chaotique avant qu’il ne comprenne ce qui se passait en lui. Mais avant tout, Vincent a écrit ce livre pour aider les enfants « comme lui », à surmonter les pièges et les embûches liés à cette particularité, celle de ces enfants qui réfléchissent autrement.
Avis :

Vincent entamera l’écriture de son témoignage à 9 ans et terminera son livre à 11 ans. Il s’aide alors d’un magnétophone et s’appuie sur la retranscription de sa mère, Julie Leduc. C’est avec justesse  qu’il évoque son mal-être grandissant. La dureté de ses professeurs et le rejet de ses pairs le déstabilise peu à peu. Vincent n’a plus envie de vivre et se sent alors idiot. A huit ans, il découvre qu’il est à haut potentiel. Commence alors une intégration de ses forces. Vincent témoigne d’une belle évolution.

Je pense que la démarche de détection peut procurer un apaisement. C’est une invitation à mieux se connaître ; à aborder progressivement la thématique du haut potentiel tout en se réappropriant ce qui nous est propre. C’est un cheminement qui invite à de la bienveillance : envers soi puis envers les autres. C’est une occasion d’asseoir quelque peu son estime de soi.

Vincent nous offre un témoignage avec ses mots d’enfant. Il s’agit d’un parcours unique. C’est important de le considérer comme tel. Les deux premiers chapitres « la découverte » et « « QUESACO » un enfant précoce ? » sont éclairants pour des enfants se son âge qui vivent douloureusement leur scolarité, qui ont pu être reconnus « HP » et pour qui l’école à domicile est une option envisagée. Tous les enfants « zèbres » ne vivent pas de harcèlement à l’école et ne passent pas par des idées noires. La suite du livre reprend le choix de la famille de mettre en place un enseignement à domicile. Puis vient une place pour sa famille, ses amis et ses passions. Ce livre prend des allures de carnet de bord. Il se complète par le témoignage de ses proches (famille et amis). Julie Leduc, la maman de Vincent évoque, tout en nuances,  leur parcours et clôture en écrivant que les parents sont « les meilleurs spécialistes de leurs enfants ». Mes pensées vont inévitablement à ces mamans que je rencontre dans le cadre de consultations et qui sont à redorer et à apaiser. Rappelez-vous le propos d’Isabelle Filliozat : « les parents parfaits n’ont pas d’enfant ». Je suis heureuse d’accompagner des parents afin de faire émerger leurs ressources. J’offre un cadre où s’éveille la créativité, une nouvelle compréhension des interrelations, un antre d’apaisement. C’est une invitation à se poser un instant avant de reprendre la route. J’essaie de composer avec le parent une direction. Je n’ai pas la prétention d’un bâton de marche. Je remercie les parents pour leur confiance.

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