Hormonothérapie chez l’homme : intimité & sexualité – épisode 3

 en Cancer & Sexualité

Eléments de prise en charge

  • Psychoéducation

Aux vus des effets secondaires importants, il est nécessaire que la personne puisse y adhérer. Il est également important que le patient puisse se sentit autorisé à aborder ses éventuelles difficultés de compliance au traitement.

Des conseils hygiénodiététiques peuvent être prodigués : pratique d’une activité physique régulière, alimentation équilibrée, arrêt du tabac, etc.

  • Prise en charge psycho-sexologique

Une prise en charge psycho-sexologique s’intègre dans une prise en charge globale (fonction sexuelle, image corporelle, désir, satisfaction sexuelle, dynamique du couple, etc.).

Le/la partenaire est invité(e) à y participer.

Illustration :

J’ai pu aborder avec un patient ses difficultés au niveau de son attention et de sa mémoire dû à la suppression androgénique. Cet homme se décrivait comme étant charismatique sur le plan professionnel. Outre le choc dû à la maladie, ce sont les remaniements de sa vie sociale qui semblent l’avoir le plus affecter dans sa masculinité. Il a veillé à maintenir une activité intellectuelle et sociale. Le dépistage d’un syndrome dépressif est également à mettre en avant dans le suivi d’hommes suivant une hormonothérapie. La grande fatigue éprouvée ainsi que la perte de sa force musculaire étaient associées chez ce patient à une diminution de sa capacité à faire face à sa vie et généraient un sentiment de culpabilité par rapport à sa partenaire (sentiment de ne plus être à la hauteur). Nous avons pu retravailler ces croyances et ce avec la participation de son épouse. Le patient s’était replié sur lui-même et sa femme s’inquiétait de ne pas pouvoir lui venir en aide. La communication dans le couple s’est ouverte et a permis d’insuffler une nouvelle dynamique au sein du couple. Les difficultés rencontrées sur le plan sexuel ont été considérées comme une difficulté à résoudre à deux. Une meilleure compréhension et quelques aménagements ont permis au couple une plus grande satisfaction sexuelle.

  • Prise en charge mécanique / médicamenteuse
  • L’hormonothérapie peut être un facteur de résistance aux IPDE5. D’autres stratégies thérapeutiques peuvent être discutées telles que les injections intra-caverneuses, le gel intra-urétrale ou encore le vacuum.

 

  • Hormonothérapie par intermittence

Dans certaines conditions, une hormonothérapie peut être proposée par intermittence. Ceci afin de permettre au patient et au couple, une meilleure qualité de vie sexuelle lors des périodes sans hormonothérapie. Il est important d’observer que de temps c’est cette alternance qui peut en soit générer des tensions au sein du couple et accentuer chez certains hommes le sentiment d’être condamné à ne pas être « performant » lors de la prise d’une hormonothérapie. Un suivi psycho-sexologique est alors souvent conseillé afin de permettre au couple de préserver une intimité et complicité sensuelle et sexuelle. Le suivi pourra également permettre de travailler l’anxiété de performance.

  • Après le traitement par hormonothérapie

Un déficit en testostérone devra être recherché en cas de dysfonction sexuelle après une suppression androgénique temporaire. Les nouvelles recommandations permettent d’envisager un traitement par testostérone chez les patients avec un cancer de la prostate en surveillance active et après un an de rémission complète d’un cancer de la prostate localisé de risque faible ou intermédiaire traité de manière curative.

 

Je vous invite à ouvrir le dialogue avec votre oncologue et votre urologue.

Les consultations en onco-sexologie mises en place par le CHC Groupe Santé sont entièrement prises en charge quand vous êtes suivis par le CHC. Les patients venus d’ailleurs bénéficient de l’intervention de la mutuelle pour les suivis psychologiques classiques.

Articles récents